Compte rendu du livre d’Élise Thiébault “Ceci est mon sang”

Les règles, un phénomène naturel qui touche toutes les femmes pendant au moins 40 ans de leur vie et pourtant c’est un mot souvent caché par un autre: mes ragnagnas, mes machins, mes coquelicots et j’en passe. Je me revois encore au collège dire à mon prof d’EPS: “Excusez- moi Monsieur, Je peux pas faire le cours d’endurance parce que je suis indisposée”, Les joues rouges en regardant mes baskets comme si j’annonçais que j’avais la lèpre.

Ma mère qui a toujours partagé ses lectures avec moi m’a envoyé ce petit compte rendu sur ce livre écrit par la Journaliste Élise THIÉBAUT “Ceci est mon sang, petite histoire des règles, de celles qui les ont et de ceux qui les font“. J’ai eu envie de le partager avec vous. Je l’ai lu à mon tour et vous le recommande vivement, c’est drôle, instructif et met le doigt sur beaucoup de sujets intéressants concernant les règles.

“La couverture m’avait arrêté l’œil sur la table de ma librairie préférée, le rouge d’une généreuse brassée de coquelicots tendrement pressée sous le nombril d’un ventre de femme entre la couronne de ses bras. Le titre, Ceci est mon sang, autre rouge de cette couverture, acheva de m’attirer vers ce livre que je retournai à la recherche de sa quatrième de couverture.

Le deuxième mot de son texte m’arracha un gémissement doublé d’un vif mouvement de recul, « ragnagnas » terme révoltant s’il en est, largement utilisé, y compris par les femmes, et c’est bien là le plus aberrant quand on y pense, pour désigner le flux menstruel.

Le troisième terme mentionné, « coquelicots» versa un baume salvateur là où j’avais besoin et m’engagea plus avant vers le livre. La lecture de sa table des matières et de quelques passages emporta ma décision de l’offrir à ma fille Mandana, militante de la cause des femmes s’il en est, et sur le front de la coupe menstruelle qui plus est.

Entre-temps, chez moi, tranquille, j’avais eu la curiosité de l’ouvrir mieux. Cette curiosité me fut fatale car je ne le refermais que lu, que dis-je, dévoré dans son entier. Cette anthologie d’un sujet qui concerne rien moins que la moitié de l’humanité, sujet en train de sortir de l’ombre, est en effet passionnante et se lit comme un roman.

Preuve, cette nouvelle édition après la première de 2017, date depuis laquelle les choses ont bougé. Ainsi ai-je été ébahie d’entendre tout récemment sur les ondes dans un reportage consacré aux difficultés financières croissantes des étudiants qu’une allocation spéciale pourrait être accordée aux étudiantes pour faire face aux coûts spécifiques des protections périodiques (les cups ont de beaux jours devant elles :). Quand je vous dis que les choses bougent, CQFD.

Tout est bon, rien à négliger dans cet ouvrage où l’on rit souvent, et parfois jaune, quand on ne voit pas carrément rouge, notamment à se rendre compte avec quelle indifférence sont traités, ou plutôt pas traités, les souffrances et inconforts récurrents, tous les 28 jours quand même, du syndrome dit « prémenstruel ». Et E. Thibaut de faire remarquer qu’il aurait fallu voir ce qu’il en aurait été s’il avait touché les hommes …

Je vous recommande le chapitre qui avait motivé mon achat, le 5, « Des solutions sang pour sang naturelles » sur les nouvelles manières de faire face à nos règles, de la cup au flux instinctif libre (de quoi faire regretter de ne plus les avoir, si si, je vous assure) et tous les autres chapitres bien sûr, sans exception.

Un livre à s’offrir à soi-même d’abord pour cesser de « saigner idiot », si je puis dire car notre sang mérite infiniment mieux (Cf. le chapitre 8 sur les recherches en cours sur sa possible valeur thérapeutique), à offrir à nos filles, nos amies, nos gynécologues, nos médecins de famille, nos hommes, bref tout le monde ou presque !”

Auteur: Françoise Vasseur
ma Mère, Sociologue et Ostéopathe.

Appelons un chat un chat sans vouloir faire de mauvais jeux de mots :) Je suis contente de voir que depuis quelques années déjà, il y a de plus en plus dialogues qui s’ouvrent sur le sujet des règles avec une envie de casser les tabous. Merci à Élise Thiébaut et toutes celles qui vont dans ce sens.

Interview d’Élise Thiébaut sur youtube: